Catégorie : Énergie solaire

Installer des panneaux solaires sur un toit en tuiles ondulées (type terre cuite ou béton avec profil ondulé) pose des défis particuliers : fixation sans percer excessivement, ventilation du module, esthétique, et parfois pentes irrégulières. J’ai souvent travaillé sur ce type de toitures et je vais vous expliquer, pas à pas et de façon concrète, comment calculer la production réelle que vous pouvez attendre et comment choisir les panneaux et l’onduleur adaptés.

Comprendre les paramètres qui influencent la production

Avant tout calcul, il faut lister les facteurs qui vont faire varier la production réelle :

  • Orientation (azimut) du toit : sud idéal, est/ouest moins performant.
  • Inclinaison (tilt) du toit : optimum généralement entre 20° et 35° suivant la latitude.
  • Ensoleillement local : irradiance annuelle (kWh/m².an).
  • Ombres permanentes ou transitoires (cheminées, arbres, bâtiments).
  • Surface utilisable et encombrement par panneaux, obstacles et zones non installables.
  • Température de fonctionnement : les modules perdent en rendement quand il fait chaud.
  • Pertes système : câble, optimisation, onduleur, salissure, mismatch, ombrage partiel.
  • Type de toiture et système de fixation : influence l’espacement et la ventilation.
  • Étape 1 — Mesurer et cartographier votre toit

    Je commence toujours par une visite ou par l’analyse d’images satellite. Prenez les mesures suivantes :

  • Longueur et largeur des pans exploitables.
  • Inclinaison (utilisez un inclinomètre smartphone) et orientation.
  • Repérez zones d’ombre à différentes heures.
  • Vérifiez l’état des tuiles et la capacité portante du toit.
  • Avec ces données vous pouvez estimer la surface utile (m²). Pour un toit en tuiles ondulées, prévoyez souvent une réduction pratique de 10–15% par rapport à la surface brute à cause des jointures, des recouvrements et des zones techniques.

    Étape 2 — Calculer la puissance installable (kW crête)

    La puissance crête dépend de la taille des modules que vous choisirez. Exemple pratique :

  • Surface utile : 40 m²
  • Modules choisis : 1,7 m² par panneau (ex. 1,02 x 1,67 m) et puissance 370 Wc
  • Nombre de panneaux approximatif = surface utile / surface panneau = 40 / 1,7 ≈ 23 panneaux → Puissance = 23 × 0,37 kW = 8,51 kWc

    En pratique, il faut vérifier les distances entre rangées pour éviter l’ombrage entre panneaux (surtout sur toits peu inclinés) — cela peut réduire le nombre de modules installables.

    Étape 3 — Estimer la production annuelle

    Pour convertir kWc en kWh/an, on utilise un facteur régional d’irradiation et des pertes. En France métropolitaine, on prend généralement :

  • Facteur de production moyen non optimisé : 900–1 050 kWh/kWc.an selon la région
  • Pertes système totales à prévoir : 10–20% (câbles, onduleur, mismatch, poussière)
  • Formule simple : Production annuelle ≈ Puissance installée (kWc) × Rendement local (kWh/kWc.an) × (1 - Pertes)

    Exemple concret — maison située en périphérie lyonnaise :

  • Puissance installée : 8,5 kWc
  • Rendement local approximatif : 1 050 kWh/kWc.an
  • Pertes estimées : 15% (0,85)
  • Production ≈ 8,5 × 1 050 × 0,85 ≈ 7 598 kWh/an

    Paramètre Valeur
    Puissance installée 8,5 kWc
    Rendement local 1 050 kWh/kWc.an
    Pertes système 15%
    Production annuelle estimée 7 598 kWh

    Outils que j’utilise pour affiner l’estimation

    Je recommande de combiner méthode manuelle et outils en ligne :

  • PVGIS (gratuit) pour obtenir l’irradiation horaire et annuelle.
  • PV*SOL ou PVSyst (plus professionnels) pour modélisation précise, ombrage et pertes.
  • Google Earth / Google Maps pour vérifier toitures et ombres.
  • Applications de simulation proposées par des fabricants ou installateurs (SMA Sunny Design, Enphase Enlighten).
  • Choix des panneaux adaptés aux toits en tuiles ondulées

    Sur ce type de toiture, certains critères sont prioritaires :

  • Fixation par crochets pour tuiles — évitez les systèmes nécessitant de casser plusieurs tuiles.
  • Module avec cadre robuste et bonne rigidité — pour faciliter l’accroche sur supports ondulés.
  • Bon coefficient de température (ex. -0,30%/°C ou meilleur) si vous êtes en zone chaude.
  • Modules demi-cellules ou half-cut (ex. Q CELLS, REC, LONGi) pour limiter l’impact des ombrages partiels et améliorer la tolérance au mismatch.
  • Pour une esthétique, certains préfèrent les modules à cadre noir et fond noir (SunPower, LG anciennement près de disponibilité) — mais vérifiez le prix.
  • Pour les toits très ondulés ou irréguliers, j’ai parfois recours à des modules plus petits (ex. 320–340 W mono PERC normaux) qui s’adaptent mieux à la géométrie.

    Onduleur et optimisation

    La configuration des panneaux sur un toit en tuiles ondulées peut imposer plusieurs orientations ou pentes différentes. Voici mes recommandations :

  • Si tout le toit est orienté pareil : onduleur string de qualité (SMA, SolarEdge) suffira.
  • Si vous avez des sous-string avec ombrage partiel ou orientations différentes : micro-onduleurs (Enphase) ou optimiseurs de puissance (SolarEdge) améliorent grandement la production réelle.
  • Pensez également à la surveillance module par module — très utile pour identifier des problèmes liés à la pose ou à la salissure.
  • Points pratiques et réglementaires

    Quelques vérifications essentielles :

  • Contrôlez que la charpente accepte la charge supplémentaire (pointez vers un bureau d’études si besoin).
  • Choisissez des crochets de toit compatibles avec tuiles ondulées (ex. crochets universels de marques telles que K2 Systems, Clenergy).
  • Assurez la ventilation sous panneaux : un espace d’au moins 30–40 mm améliore le refroidissement et la production.
  • Renseignez-vous sur les démarches administratives : déclaration préalable ou permis de construire selon la surface et l’aspect.
  • Exemples de marges et sécurité

    Pour être pragmatique, je conseille toujours d’établir deux scénarios :

  • Scénario optimiste : toutes conditions favorables → utilisez le facteur d’irradiation maximal de votre zone.
  • Scénario réaliste (celui à retenir pour votre ROI) : incluez 10–20% de pertes supplémentaires pour vieillissement, mauvais angle, salissures.
  • Enfin, n’hésitez pas à demander plusieurs devis et à exiger des simulations détaillées (PVSyst ou similaire) : cela évite les surprises et permet de comparer les hypothèses (pertes, température, ombrage).

    Si vous le souhaitez, je peux vous aider à estimer la production pour votre toit à partir des dimensions et de quelques photos/coordonnées : envoyez-moi ces éléments et je réalise une simulation simplifiée et des recommandations de matériels adaptés.